Glossaire
Le Bourdon Terrestre
Bombus terrestris

Il existe 45 espèces espèces de bourdons du genre Bombus sp. recensées en France. Les bourdons sont de grandes abeilles trapues et poilues. Le Bourdon terrestre Bombus terrestris est un grand bourdon avec des bandes jaunes et noires et la queue blanche (ce qui lui vaut le surnom de "cul blanc"). Son nid est volumineux, placé sous terre, il compte en moyenne 300 ouvrières. Ce bourdon est l'une des premières espèces d'insecte à sortir de l'hibernation dès le mois de février dans le sud. C'est un grand pollinisateur nécessaire aux écosystèmes et à la production de nos fruits et légumes.
Taille : variable de 11-23 mm (25 mm). Les reines sont généralement plus grandes.
Corps très poilu.
Il est noir avec une bande jaune sur le thorax et une autre sur l’abdomen avec l'extrémité toute blanche (parfois un peu rousse chez certaines femelles).
Le Bourdon terrestre Bombus terrestris est une espèce très proche de Bombus lucorum, B. magnus et B. cryptarum. La détermination fiable de ce taxon se fait au laboratoire. Elle est basée principalement sur des critères morphologiques du champ ocellaire, une zone située sur le dessus de la tête en arrière des yeux. Chez B. terrestris, ce champ ocellaire est fortement ponctué et les ocelles sont plus grandes que chez les autres espèces.
Les bourdons sont des insectes sociaux. La colonie est fondée au printemps. Elle comprend des individus sexués (les mâles et la reine) et des ouvrières stériles.
Le Bourdon terrestre établi un nid sous terre jusqu’à 1,5 m de profondeur. Il s'agit souvent d'un ancien nid de campagnol. La reine bourdon installe sa colonie dans un trou du sol, sous un tas de bois ou un ancien terrier, sur un talus herbeux, toujours dans un endroit ensoleillé et chaud.
Le nid est une boule d’herbes, de feuilles et de mousses renfermant des cellules de cire en amas désordonné, contrairement aux rayons bien rangés de l’abeille domestique. Une colonie peut compter de 300 à 500 individus.
Chaque année, les jeunes reines fécondées parvenues à l’état adulte, après avoir hivernées, construisent un nouveau nid et approvisionnent celui-ci en miel mêlé de pollen. Elles pondent sur ce miel. Les œufs éclosent à la fin de l'été. Ils donnent naissance à des mâles et des femelles fertiles.
Les jeunes larves s’alimentent grâce au miel que les ouvrières (des femelles stériles) rapportent dans les grandes corbeilles de leurs pattes postérieures, durant une semaine, puis elles se transforment en nymphe. Les adultes sortent des cocons au bout 14 jours.
Une fois adultes, les mâles et les femelles fertiles s’accouplent. Seules les femelles fécondées passent l’hiver. Ce sont les reines qui sortent dès la fin de l'hiver de l'hibernation et que vous pouvez observer dans les jardins dès le mois de février. Le reste de la colonie meurt.
Le Bourdon terrestre est nectarivore, il se nourrit du nectar qu'il trouve en butinant les fleurs qu'il pollinise. Les larves de bourdon terrestre se nourrissent de pollen apporté par les ouvrières.
Le Bourdon terrestre est un grand pollinisateur. Il est réputé pour être plus efficace que les abeilles car il pollinise dès l'aube, au printemps à des températures inférieures à 15 °C, par temps couvert, pluvieux et même venteux. Les reines sortent très tôt de leur hibernation et peuvent polliniser les premiers pissenlits dès le mois de février alors que les abeilles ne sont pas sorties.
Les bourdons communiquent grâce à des molécules chimiques (au moins 500 actifs différents connus et décrits) qui leur permet d’échanger des informations sur un chemin à prendre, un lieu, trouver un partenaire sexuel ou savoir si une fleur est richement pourvue de nectar.
Les bourdons ont aussi la capacité de reconnaître les empreintes chimiques d’autres espèces d’insectes, par apprentissage, comme celles des syrphes. Les molécules chimiques jouent chez les bourdons des rôles vitaux dans leurs relations sociales.
L'un de ses prédateurs dans le milieu naturel est la Bondrée apivore Pernis apivorus. Les campagnols peuvent piller les nids. Les nids du bourdon peuvent être parasités par des acariens.
Les jardins procurent d’importantes sources de nourriture aux bourdons (ainsi qu'aux abeilles et syrphes) et sont des refuges pour les bourdons et autres insectes sauvages. Les bourdons sont essentiels pour la pollinisation des fleurs mais aussi des arbres fruitiers, des légumes, des céréales... Pour limiter leur déclin et favoriser leur venue au jardin vous pouvez :
Proscrire l’emploi de pesticides et des herbicides ;
Préserver les premières fleurs sauvages au printemps, sans les tondre : pissenlits, pâquerettes... ;
Laisser des herbes hautes jusqu’à la fin du printemps ; favoriser les îlots d'herbes hautes dans les endroits exposés au soleil (talus, parterres ensoleillés...) ;
Laisser la litière de feuilles mortes en automne ;
Poser ou construire une ruche à bourdon.
La construction de cette ruche est ludique et peut être réalisée avec des enfants. Elle nécessite très peu de matériel : du foin sec ou de la paille sèche, un pot de fleur en terre cuite d’au moins 30 cm de diamètre pourvu d’un trou d’évacuation d’eau au fond (20 mm de diamètre), d’une planche en bois, de quelques pierres, de petites branches ou d'une grosse brique.