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Grue Royale
Balearica regulorum

Grey Crowned Crane

Grue à couronne grise-2.jpg

La famille des Gruidés est une petite famille forte de 4 genres et de 15 espèces, présente sur tous les continents. Les grues sont de grands oiseaux des espaces ouverts. Elles possèdent un long cou et de longues pattes. On peut donc les qualifier d'échassiers. 

Les sexes sont identiques. Le plumage du corps de l'adulte est d'un gris soutenu passant au gris clair sur le cou, ce qui vaut à l'espèce son nom anglais de Grey Crowned Crane (Grue couronnée grise) par opposition à Black Crowned Crane, la Grue couronnée, avec laquelle elle est souvent confondue et qui, elle, a le corps et le cou gris foncé à noir. Comme chez la Grue couronnée, les couvertures sus et sous-alaires sont blanches, sur les deux faces de l'aile, avec sur la face supérieure une tache jaune sur les grandes couvertures internes. Les secondaires sont marron, tandis que les primaires sont noires. Comme chez sa consœur toujours, le front et l'avant de la calotte, très bombés, sont noirs, tandis que l'arrière de la calotteporte une couronne formée de longues plumes dressées de couleur dorée. Mais à l'inverse de la Grue couronnée, les joues, nues, sont blanches, seulement marquées d'une tache rouge tout en haut, en arrière de l'œil. La caroncule rouge que la Grue royale porte au menton est bien développée, bien plus que chez la Grue couronnée où elle est à peine visible. L'iris est gris-bleu, le bec est long, fort et droit. Il est gris foncé. Les pattes sont grises. Les immatures ressemblent aux adultes, en plus terne. Leurs yeux sont marron.

La Grue royale, comme la Grue couronnée, est une espèce sub-saharienne. Sa zone de répartition est séparée de celle de la Grue couronnée (voir cette espèce). La Grue royale est présente dans toute l'Afrique du Sud, jusqu'à la RDC au nord, et en Afrique de l'Est jusqu'en Ouganda et au Kenya. Elle est absente du sud-est de la Tanzanie. La Grue royale vocalise au vol et lors des parades nuptiales. Le cri est un "waou" souvent doublé, profond mais de tonalité élevée, qui de loin peut faire penser à un miaulement.

Comme la Grue couronnée, la Grue royale doit courir pour prendre son vol. Elle vole cou et pattes tendues, le cou légèrement abaissé. Les cris qu'elle pousse en volant permettent de la repérer.

Les Grues royales vivent en couple, le plus souvent au sein d'un groupe d'une vingtaine d'individus. Les groupes au dortoir, dans les herbes hautes le long des rivières mais aussi dans les arbres, peuvent compter jusqu'à 200 individus. Comme chez sa cousine la Grue couronnée (noire), il est possible que le couple de Grues royales soit établi pour la vie. La parade nuptialecomprend des révérences avec lissage mutuel des plumes, des grands sauts, des petites courses, le tout ponctué de cris, tête penchée.

La Grue royale fréquente des habitats ouverts et humides comme les berges de rivières, les prairies inondées temporairement par de l'eau peu profonde, les marécages, ou des milieux plus secs, savanes ouvertes à proximité de l'eau, qui lui permettent de chercher sa nourriture.

La Grue royale est omnivore : son régime inclut des graines de laîche, des jeunes pousses, des insectes et autres invertébrés, ainsi que des batraciens et petits reptiles.

Le nid est construit par le couple, c'est une plate-forme formée d'herbes arrachées et de laîches piétinées, en limite de zone humide et cachée dans une végétation émergeant d'au moins un mètre au-dessus de l'eau. La femelle pond 1 à 4 œufs qui sont couvés par les deux parents.

La Grue royale est mise en danger par la perte et la dégradation de ses zones de nourrissage. Sont responsables le drainage des zones humides, le surpâturage, l'usage des pesticides, l'écobuage non contrôlé en saison de reproduction, la mise en culture de terres arables. La construction de barrages pour la production d'électricité, ainsi que l'extraction d'eau souterraine, conduisant à des changements du régime hydrologique, ont également un impact. D'autre part, le trafic d'animaux vivants n'est pas négligeable, non plus que la chasse, d'autant que la Grue royale, à cause de la réduction de son habitat, est conduite à vivre plus près des habitations. La recherche a prouvé par exemple que nombre de Grues royales sont empoisonnées tous les ans au Kenya, en représailles ou dans le but de protéger les semailles de leur prédation. Enfin, la mortalité des oiseaux par électrocution et collision avec les lignes à haute-tension est une menace sérieuse en Ouganda, Afrique du Sud et Tanzanie, et va vraisemblablement s'aggraver. Pour ces raisons, sa population ayant beaucoup diminué, la Grue royale est classée "En danger".

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